Communiqué de presse – Mathieu Mercier

Fondation Ricard, Paris, novembre 2012



Mathieu Mercier développe depuis le début des années 1990 une pratique protéiforme et mouvante, à la limite des catégories esthétiques que nous sommes tentés de lui assigner pour la cerner. Son œuvre semble se construire avec méticulosité, selon une logique aussi implacable qu’insaisissable.

À première vue, les sculptures et les installations de Mathieu Mercier interrogent la place dans l’art de l’objet du quotidien dont l’aspect utilitaire a soigneusement été dissous. Ainsi, un questionnement central de son travail réside dans le statut incertain de l’objet dont la valeur d’usage a été repensée et détournée du réel pour le situer aux frontières de l’abstraction.

Cependant, l’essentiel n’est pas tant cet équilibre potentiellement indéfinissable que la compréhension de la démonstration qui est à la source de l’oeuvre. Chaque œuvre de Mathieu Mercier peut être comprise comme la matérialisation synthétique de l’ensemble des données d’un problème - au sens scientifique du terme - auquel il s’est longuement confronté sans trouver de solution satisfaisante, et qu’il nous soumet avec toute l’ambiguïté d’un questionnement demeuré en suspens. L’œuvre n’en est pas moins aboutie. À l’issue de ce processus spéculatif dont chaque étape a été mûrement pesée, elle s’incarne avec une rigueur formelle qui tient de l’épure.

La démarche de Mathieu Mercier peut être saisie dans la relation parfaite à laquelle il est parvenu, entre une pensée non-linéaire lentement mise au point et son incarnation dans une œuvre où la ligne prédomine. Il nous soumet ainsi une œuvre dont sa présence semble exclue, mais dont le sens et l’enjeu sont avant tout à rechercher dans la synthèse mentale qu’elle matérialise.

Mathieu Mercier

Fondation Ricard


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